Théo = Dieu. Phile = Aimer. Le nom de Théophile veut donc dire “qui aime Dieu” ou “aimé de Dieu”. Théophile est une personne mentionnée deux fois dans la Bible. Il est celui à qui est adressé l’Évangile selon Luc (Luc 1,1-4) et les Actes des apôtres (Actes 1,1-2). En fait, Luc est traditionnellement reconnu comme ayant écrit ces deux livres de la Bible. Nous ne savons pas grand-chose sur Théophile outre le fait qu’il dût être un haut fonctionnaire dans l’Empire romain. En effet, l’appellation “excellent Théophile” en Luc 1:3 est un titre attribué aux personnes en position d’autorité dans le gouvernement romain. Par exemple, en Actes 23,26 et 24,3, le gouverneur Félix est appelé “très excellent Félix” par différentes personnes. Deux ans plus tard, son successeur est aussi appelé “très excellent Festus” par l’apôtre Paul cette fois-ci (Actes 26,25). Ce titre implique donc une position élevée dans le gouvernement romain du premier siècle. Comme le livre des Actes des apôtres se concentrent sur la personne de Paul pendant la plus grande partie du livre, à partir du ch. 13 jusqu’au ch. 28, il est possible que Théophile ait appartenu à “une église qui connaissait et valorisait la mission de Paul, bien qu’il soit probable que lui-même et plusieurs autres soient devenus croyants après le passage de Paul dans cette région”1. Une des particularités de Luc est d’être reconnu pour donner beaucoup de détails historiques. Il est considéré par les historiens modernes comme l’auteur biblique le plus méticuleux, détaillé et précis dans sa rédaction (le plus riche dans son vocabulaire, etc.). La précision est d’ailleurs la mission qu’il s’est lui-même donnée :
Plusieurs ayant entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, suivant ce que nous ont transmis ceux qui ont été des témoins oculaires dès le commencement et sont devenus des ministres de la parole, il m’a aussi semblé bon, après avoir fait des recherches exactes sur toutes ces choses depuis leur origine, de te les exposer par écrit d’une manière suivie, excellent Théophile, afin que tu reconnaisses la certitude des enseignements que tu as reçus (Luc 1,1-4).
Et tout de suite après avoir dit cela, au verset suivant, Luc mentionne des personnages politiques et religieux nous aidant à déterminer de façon précise le moment dans lequel s’inscrivent les histoires qu’il raconte. Ses affirmations sont falsifiables. Je dis cela dans le sens où il nous est possible de confirmer ou d’infirmer par des sources extra-bibliques certaines affirmations qu’il fait. Par exemple, 1) l’existence du roi Hérode sur la Judée à cette époque en même temps que 2) l’existence du sacrificateur Zacharie, etc. Si le récit passe l’examen géo-politico-sociologico-historique, cela vient de plus en plus difficile de nier les faits qu’il relate. Et par le fait même, cela rend de plus en plus légitime notre élan de foi à l’égard du Jésus dont il parle. En fin de compte, j’aime le nom de Théophile à cause de son étymologie (aimé de Dieu / aimer Dieu). C’est ce que je veux faire sur ce blogue, aimer Dieu de toute ma pensée comme Jésus lui-même nous y incite selon Luc 10,27. De plus, j’aime la rigueur intellectuelle que Luc mit dans son oeuvre pour assurer Théophile de la solidité des fondements de sa foi. Comme Théophile, je suis quelqu’un qui ressent la nécessité d’avoir une foi basée sur du solide, sur des faits exacts provenant de sources sûres. C’est ce que je trouve dans le christianisme et ce que je me plais à découvrir de plus en plus et à exposer du mieux que je peux.
Références
-
Craig S. Keener, Acts : An Exegetical Commentary. Volume 1. Introduction and 1:1-2:47, Grand Rapids MI, Baker Academic, 2012, p. 401. Ma traduction. ↩
Discussion
Chargement des commentaires…