Si Dieu n’existe pas, la moralité objective n’existe pas, la valeur humaine n’existe pas et le sens de la vie n’existe pas. Cependant, les athées vivent jour après jour en prenant pour acquis ces trois aspects de la vie (moralité, valeur, sens) alors que ces éléments n’ont pas de fondement dans leur vision du monde. Concentrons-nous un instant sur la question de la moralité. Si Dieu n’existe pas, la moralité objective n’existe pas. Il me semble évident que Dostoyevsky a raison : “Si Dieu n’existe pas alors tout est permis.” Pourquoi? Parce que si nous ne sommes que des assemblages complexes de molécules biochimiques, nous sommes sur un continuum avec les animaux et autant qu’il n’y a pas de dimension morale dans le monde animal, il n’y en aurait pas non plus pour les animaux plus évolués comme les humains. Lorsqu’un lion s’accouple avec une lionne, il ne la viole pas, il laisse seulement aller ses instincts et ses pulsions du moment. “C’est naturel!” nous disons-nous en regardant un documentaire. De même, si la moralité n’a pas un fondement transcendant, alors ce qu’on appelle “viole” n’est en fait qu’une pratique jugée taboue par la société, mais ce n’est pas mal en soi (je parle ici comme un athée conséquent). Si, tout comme moi, vous êtes scandalisés à l’idée de penser qu’un viole n’est pas extrêmement mal en soi et cela peu importe les cultures et les époques, alors vous devriez logiquement croire en Dieu, seul fondement transcendant possible au bien. De plus, puisqu’il n’y a pas de jugement ultime, tant et aussi longtemps qu’on peut compter sur notre intelligence pour ne pas se faire prendre, à quoi bon respecter les règles du jeux qui sont de toute façon une construction sociale relative, une invention humaine? Les Allemands sous Hitler avaient une moralité, nous en avons une autre, j’ai la mienne et toi la tienne. Le plus fort fait la loi. Et de mon côté, je peux en profiter tant et aussi longtemps que je ne me fais pas prendre par ce plus fort afin de ne pas me faire taper sur les doigts. Si Dieu n’existe pas, tout devient relatif. Mais nous savons expérientiellement que la moralité objective existe. Peu importe ce qu’on peut en dire, faire une vivisection sur un bambin comme le Dr. Joseph Mengele a fait à Auschwitz est un mal absolue (Craig, 2010, p.42-43). Celui qui nie la moralité objective la présuppose dès qu’on lui fait un tord. Si je vole un porte-feuille à quelqu’un, sa réaction première sera de dire : “C’est injuste, tu n’as pas le droit de faire ça, rend-le moi!” Mais moi je répond : D’où vient cette loi dont tu parles comme si elle nous était évidemment commune et qui déterminerait la qualité de mon action?” S’il me répond quelque chose d’autre que Dieu, alors il me donne l’équivalent d’un goût ou d’une préférence et non pas d’une réalité objective. Enfin, si nous n’avons aucun dénominateur commun pour évaluer la qualité morale des actions et intentions, nous ne pouvons pas parler de progrès moral. En d’autres mots, nous ne pourrions pas dire que l’abolition de l’esclavage, du racisme et du sexisme sont des améliorations morales car nous n’aurions aucune règle pour faire une telle évaluation. On pourrait parler de changement, mais pas de progrès moral. Dans cette optique, même l’éducation des enfants en ce qui concerne le bien et le mal perd de son sens dans une perspective athée. Il est important de bien comprendre ce que je dis et ce que je ne dis pas dans ce post. Je ne dis pas que les athées ne peuvent vivre moralement. Ce que je dis, c’est que leur vision du monde n’a aucun fondement pour asseoir cette moralité objective. Ils y font quotidiennement référence, mais ils empruntent cette catégorie à la perspective théiste. Selon cette dernière, Dieu a mis sa loi morale dans le coeur de chaque être humain par l’entremise de la conscience. Bien que celle-ci puisse être endurcie dépendament de notre volonté, il n’en reste pas moins qu’elle représente ce lien avec cette fondation morale transcendante.