Il est intéressant de voir que le Coran, comme la Bible, affirme qu’Allah est un Dieu qui aime (Sourate 11,90, 85,14). Cependant, quand on examine l’ensemble des textes de près, une différence assez importante émerge entre la notion d’amour d’Allah et celle du Dieu biblique. Considérons quelques passages coraniques avant de faire de même avec le Nouveau Testament.

  • Si vous aimez vraiment Allah, suivez-moi, Allah vous aimera alors et vous pardonnera vos péchés. Allah est Pardonneur et Miséricordieux. Dis: “Obéissez à Allah et au Messager. Et si vous tournez le dos… alors Allah n’aime pas les infidèles!” (Sourate 3,31-32)
  • “Celui qui aura mécru subira les conséquences de son infidélité. Et quiconque aura œuvré en bien… C’est pour eux-mêmes qu’ils préparent leur avenir afin qu’Allah récompense par sa grâce ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres. En vérité, il n’aime pas les infidèles” (Sourate 9,44-45).
  • “Et au jour de la résurrection, chacun d’eux se rendra seul auprès de Lui. À ceux qui croient et font de bonnes œuvres, le Tout Miséricordieux accordera son amour” (Sourate 19,95-96).

Ces versets démontrent que l’amour d’Allah est conditionnel. Dans la mesure où on répond à ses critères, il aimera en retour. Pour mériter l’amour d’Allah, nous devons d’abord l’aimer, croire en Mohammed, être fidèles, faire de bonnes oeuvres, etc. Si toutes ces conditions et d’autres1 sont remplies, alors Allah nous aimera. Chose certaine, Allah n’aime pas ses ennemis c’est-à-dire les incroyants, les infidèles. Le Dieu de la Bible, au contraire, est animé d’un amour inconditionnel. Il aime l’humanité même si celle-ci ne l’aime pas : “Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous” (Romains 5,8). En Jean 3,16, on voit que Dieu a tellement aimé le monde entier qu’il a envoyé son Fils pour offrir à tous la possibilité d’être sauvé par lui. En 1 Jean 4,7-21, l’apôtre affirme deux fois que “Dieu est amour” (v. 8, 16) tout en rappelant la logique chrétienne selon laquelle “nous l’aimons car il nous a aimé le premier” (v. 19). En fait, Jésus trouverait le concept de Dieu que Mohammed a enseigné très humain :

“Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains aussi n’agissent-ils pas de même ? Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens aussi n’agissent-ils pas de même ?” (Matthieu 5,46-47)

Il y a une différence cruciale ici ! Si on compare la conception de Dieu que Jésus et Mohammed ont présentées, celles-ci semblent complètement opposées. Et, personnellement, celle de Jésus m’apparaît beaucoup plus extraordinaire et digne de Dieu… Est-ce qu’une mère et un père devraient aimer leur enfant seulement si l’enfant les aime en retour ? Est-ce à l’enfant à susciter l’amour dans sa relation avec sa mère ou à sa mère à susciter l’amour dans leur relation avec l’enfant ? Dans l’Islam, c’est les humains (les enfants en quelque sorte) qui apprennent à Dieu (le parent) comment aimer : Si nous l’aimons, il nous aimera en retour (Sourate 3,31-32). Mais dans le christianisme, nous réalisons (les enfants) en quoi consiste le véritable amour grâce à ce que Dieu (le parent) a fait pour nous alors que nous étions encore des pécheurs. Mohammed présente un amour divin inaccessible, car conditionnel à l’accomplissement des critères divins. Jésus présente un amour divin gratuit et accessible à tous, amour qui nous pousse ensuite à vouloir tendre vers les critères divins, toujours assurés de sa pleine acceptation même dans notre imperfection. Quelle différence !

Références

  1. Voir Farid Mahally, A study of the word “love” in the Qur’an, [http://www.answering-islam.org/Quran/Themes/love.htm\] (consulté le 14 décembre 2014).